Cameroun : une personne intersexe victime d’un viol et d’un lynchage public [+vidéo]

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À Yaoundé au Cameroun, une personne intersexe a été victime d’un viol et d’un lynchage public. La scène a été filmée. Une ONG pour la défense des personnes LGBT, a porté plainte pour “coups et blessures, traitements dégradants et inhumains.”

C’est une scène d’une violence inouïe qui s’est déroulée dimanche 14 novembre, dans le quartier de Messassi à Yaoundé. Des agressions homophobes et transphobes y ont déjà eu lieu. Au sol, une personne intersexe est frappée par des hommes .

L’un deux met une main entre ses cuisses. Ils l’insultent. Il lui ordonnent de s’accroupir. La scène de viol est filmée avec leurs portables.

Traînée par les cheveux

La victime s’appelle Bijou et est âgée d’une vingtaine d’années. Mise à la rue par sa famille, elle travaille comme serveuse dans un bar où elle a été agressée plusieurs fois selon l’association qui l’abrite depuis trois mois.

Ce jour-là, Bijou rencontre les agresseurs dans un bar. Après avoir refusé leurs avances, ils lui prennent son téléphone. Elle est alors contrainte de les suivre. L’horreur se poursuit à l’extérieur, sur une autre vidéo devenue virale au Cameroun. La victime est trainée par les cheveux, aux yeux de tous. C’est un lynchage public. Elle subit des coups, des gifles.

Un lynchage public

L’agression dure plusieurs heures, avant que la victime ne soit conduite au commissariat par un homme, en présence de deux agresseurs. Ils pensaient être dans leur bon droit. L’homosexualité est sanctionnée au Cameroun,et passible de cinq ans d’emprisonnement.

Mais l’un d’entre eux est interpellé. Il est relâché au bout de 48 heures.
La victime est, elle, encore à l’hôpital, sous le choc. La Camfaids (Cameroonian foundation Aids), une ONG pour la défense des personnes LGBT, a porté plainte pour “coups et blessures, traitements dégradants et inhumains.”

Alice Nkom, doyenne au barreau camerounais, exprime son effroi : “Je n’ai pas les mots. Jusqu’à maintenant, je n’arrive pas à regarder ces images. On a touché le fond de l’abominable.” Pour l’avocate, les politiques sont responsables de ces violences. ” Depuis qu’on a présenté l’homosexuel au Cameroun comme un sous-homme, un déchet de la création divine, cela donne le droit à tout le monde de les sanctionner.”

Source: cameroononline.com