Assassinat de la directrice d’école au CAP de Sélingué : Les syndicats de l’éducation prêts à en découdre

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Le vendredi 29 avril dernier, le monde de l’éducation a été surpris par l’annonce d’assassinat de Mme Ouattara Ramata Togola, directrice de l’école fondamentale B au CAP de Sélingué. La triste nouvelle, ayant suscité l’indignation des instituteurs maliens, a nécessité des réactions venant de la synergie des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016.

Elle était mariée et certainement mère des enfants. Alors qu’elle se trouvait à son poste au sein de l’école dont elle sert, Mme Ouattara Ramata Togola n’a malheureusement pas échappé à la colère des hommes sans foi ni loi. Assise tranquille dans son école, ce 29 avril 2022, la première responsable de l’école B au CAP de Sélingué a été assassinée par des bourreaux, ces individus inconnus qui n’ont pas hésité à attenter à sa vie. Des sources contactées déplorent que la dame soit égorgée par des criminels. L’annonce, ayant fait le tour des réseaux sociaux et du pays, s’est vite soldée par pas mal de réactions. Au-delà de la réaction ou communiqué de condamnation de Mme Sidibé Dédéou Ousmane, ministre de l’Education nationale, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 se sont exprimés sur l’affaire abominable. À cet effet, le corps syndical soutient avoir appris « avec consternation l’assassinat lâche et barbare » de la victime. Les syndicats de l’éducation annoncent avoir condamné avec la dernière rigueur cet acte ignoble, lit-on dans leur communiqué publié pour la circonstance. A leurs dires, le monde de l’éducation vit des moments sombres ce, compte tenu de la protéiforme crise sécuritaire que traverse le Mali. Aussi, les syndicats rappellent qu’aucun enseignant du pays, vu la prolifération des assassinats partout dans le pays, ne se trouve en sécurité dans son établissement. La synergie des syndicats de l’éducation se dit également préoccupée de la sécurité des enseignants et de leur bien-être. De par ce communiqué qu’il a voulu relayer le 5 mai 2022, le syndicat invite les enseignants maliens à rendre un vibrant hommage à Ramata Togola, la défunte. S’adressant aux autorités, les syndicats disent exiger « une justice rapide pour la victime, tout en rappelant les conditions déplorables auxquelles vivent les enseignants ». Ils ont, par ailleurs, profité de la circonstance pour souligner que l’école est un lieu d’apprentissage, celui de la transmission de savoirs et de savoir-faire. À contrario, ont-ils fait comprendre, l’école doit être protégée de toute agression extérieure. En l’occurrence, nous pouvons clairement dire que ce n’est nullement la première fois que le monde syndical assiste à des situations pareilles d’assassinats d’enseignants du début (2012) de la crise sécuritaire malienne à cette année (2022). Mais, tout porte à croire que l’évènement qui vient d’endeuiller la famille et les collègues de la défunte directrice semble plus que choquer les syndicalistes. En plus de la condamnation du fait criminel et l’exigence de la justice pour Mme Ouattara, les syndicats ont instruit d’autres gestes à leurs militants. Ces nouvelles instructions à respecter ont fait, ce lundi 9 mai 2022, l’objet d’une annonce par la lettre circulaire N°25 de la synergie des syndicats. Via la présente, le corps syndical a invité les secrétaires généraux des comités locaux à la tenue, le mercredi 18 mai prochain, d’une assemblée générale d’informations. Laquelle se déroulera dans tous les chefs-lieux de régions, cercles, d’arrondissement et dans les communes. « Au cours de cette assemblée générale, il est demandé à tous les collègues de se présenter avec un brassard noir, en vue de rendre un hommage à notre collègue assassinée ». Aussi, précise-t-on dans la lettre circulaire, « les syndicats sollicitent une contribution volontaire pour la famille de la défunte, en l’occurrence Mme Ouattara Ramata Togola ». Puis d’inviter les enseignants à une mobilisation générale afin qu’il y ait de l’aboutissement dans les doléances syndicales.

Mamadou Diarra

Source: LE PAYS

Source: mali-web